■ Rédiger son autobiographie, ou comment se mettre en scène en se mettant au jour.

Courant semaine dernière, je reçus la requête d’un universitaire maghrébin, doctorant en littérature française, lequel me faisait part de son désir de débuter son récit de vie. Il était en réalité à la recherche de deux ou trois orientations qui lui permettraient de planter l’horizon narratif avant de plonger dans le vif du sujet. Je jugeai opportun de revenir sur les fondements d’un genre littéraire peu aisé de prise en… mots.
Car l’autobiographie est un exercice des plus délicats, qui requiert à la fois des talents de narrateur et un travail analytique de longue haleine…  N’est-ce pas une écriture de soi se situant au confluent de la fiction et de l’introspection ? Dans les faits, il s’agit donc pour l’auteur d’une démarche d’écriture, mais surtout d’un travail sur soi pour faire ressortir des événements passés tout un profil psychologique qui s’est forgé au fil du temps… pour donner finalement le personnage qu’il est alors qu’il commence à rédiger.
Alors oui, bien sûr, il est question pour ce dernier de se mettre en scène en tant que personnage, mais aussi de chercher ce qui, dans son histoire, peut le rapprocher d’un lecteur qui ne le connaît pas.
Voici donc, selon nous, les étapes préliminaires indispensables à la mise en œuvre d’une écriture autobiographique :
 – une phase d’analyse psychologique s’apparentant à un travail d’introspection
– un agencement de la trame narrative qui soit toujours subordonné à un questionnement : que voulez-vous raconter, et pourquoi ?
Conclusions :
L’introspection doit servir la narration. En d’autres mots, c’est tout le rapport de personne à personnage qui se trouve interrogé… Y avez-vous d’ores et déjà songé ?
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■ Plaidoyer pour la lecture… dans un monde fruste qui semble avoir perdu toute mesure.

Il y a peu, une étudiante me demandait de l’aiguiller face à un sujet de rédaction qui semblait la laisser sans voix devant la page blanche… Et voilà pourtant tout un programme qui se profilait, puisque cette dernière se demandait comment convaincre ses parents que le lecture n’était pas pure perte de temps, sachant qu’il s’agissait à leur yeux d’une activité bien inutile, puisqu’elle confine à l’oisiveté en occultant l’action… Je trouvai le sujet un peu farfelu et bien peu plausible, à dire vrai, mais décidai toutefois de remettre les pendules à l’heure en exposant clairement aux « parents » en question les apports manifestes de la lecture… Un petit essai dans cette voie :

– Il arrive souvent, en effet, que l’on juge certaines lectures superflues voire nuisibles, tant elles se trouvent, en définitive, déconnectées du réel… C’est ce que l’on pourrait peut-être reprocher à la littérature classique française (Balzac ou Flaubert par exemple ?) dans le sens où s’y trouvent exposées des mœurs plus anciennes ou révolues, qui semblent bien loin, c’est certain, de la civilisation du 21e siècle ! Il n’en demeure pas moins qu’au-delà de cet inévitable ancrage temporel de l’Art s’exprime une vérité intrinsèque qui transcende les ans : la nature de cette Comédie Humaine, qui s’est jouée et se jouera éternellement… L’Humanité est humanité, et le restera.

– Sur ces réflexions, il nous faut garder à l’esprit que la LECTURE – la littérature classique, les « grands auteurs », mais plus largement tout type de lecture – demeure le seul moyen d’acquérir véritablement l’orthographe et les tournures françaises ; car de même que l’ouïe est tout à fait primordiale lorsqu’on apprend à parler la langue, – l’oreille mémorisant les tournures, les constructions – l’œil photographie et communique au cerveau qui les enregistre les tournures, le style et l’orthographe d’usage de ce qu’il capte sur la page (papier ou écran)… Et cela va sans dire, plus la source est mise à l’honneur à travers le temps, encensée et revitalisée (c’est son taux de diffusion qui en témoigne), plus elle est fiable et digne d’intérêt pour qui veut se perfectionner à l’écrit.